Publicité BeReal : formats, inventaire et repères de coût

12 minutes de lecture
octobre 2026
Rédigé par Lucie
Rédigé par Lucie

Points clés

Le catalogue 2025 compte six offres, dont deux formats premium vendus en exclusivité quotidienne. Le ratio 3:4 et la double caméra interdisent toute transposition depuis un visuel vertical en 9:16. La vidéo tient 12 secondes au maximum, pour 8 Mo de poids et un corps de 90 caractères. L'inventaire, lui, est plafonné par un fil fini, à raison d'une publicité toutes les trois publications. Et la grille de coût existe, nous la lisons dans le media kit, 5 à 6 € pour mille, 0,5 à 1 € le clic, 30 à 50 K€ le premium.

La documentation en ligne sur la publicité BeReal tient en quatre pages, toutes écrites par la régie, et aucune ne donne un prix. Son media kit 2025, remis aux agences, en donne un, coût pour mille, coût par clic, tarif des deux formats premium et volume attendu de chacun. Pour un responsable d’acquisition qui doit décider d’une ligne budgétaire, la question n’est pas de savoir si le réseau est sympathique, c’est de savoir ce qui s’achète, dans quel format et jusqu’à quel volume. Nous croisons ici le media kit 2025, les pages publiques de la régie relevées le 7 octobre 2026 et la presse professionnelle, et nous nommons les écarts entre ces trois sources plutôt que de les lisser.

01 – L'offre

ce que la régie vend, et depuis quand

L’offre publicitaire structurée est récente. Le réseau a été racheté par Voodoo en 2024 pour 500 millions d’euros, d’après un relevé de la presse professionnelle du 20 mai 2026, et la régie a ouvert la publicité aux États-Unis en avril 2025. Le rythme d’annonces s’est accéléré depuis, un programme de créateurs passé de plus de 300 membres en décembre 2025 à plus de 450 en juillet 2026, un format RealCard dévoilé le 21 juillet 2026, et un premier partenaire marketing privilégié nommé aux États-Unis le 7 juillet 2026.

En un coup d’œil

  • Audience mondiale : 40 millions d’utilisateurs actifs mensuels, premier trimestre 2025, media kit de la régie.
  • Audience française : 5,2 millions par mois et 3,2 millions par jour, source TGI, deuxième trimestre 2025.
  • Pyramide des âges en France : 13 % de moins de 18 ans, 47 % de 18 à 24 ans, 20 % de 25 à 34 ans, 12 % de 35 à 49 ans, 5 % de 50 à 64 ans, 3 % au-delà.
  • Répartition par sexe : 57 % de femmes, 43 % d’hommes, même source.
  • Couverture urbaine : Paris 15 %, Marseille 11 %, Lyon 10 %, Toulouse 8 %, Bordeaux et Lille 7 %, Strasbourg 6 %, Nantes 5 %, Rennes 4 %, données internes 2025.
  • Mode d’achat : aucune interface en libre-service, chaque appel à l’action renvoie vers un formulaire de contact.
  • Ciblage disponible : socio-démographique, géographique, et une vingtaine de catégories d’intérêt.

Deux lignes retiennent notre attention plus que les autres. L’absence d’interface en libre-service oblige à passer par une équipe commerciale, format par format, ce qui n’interdit pas les petits budgets mais ajoute une étape avant la première diffusion. Et la pyramide des âges déplace le discours commercial, la tranche des 18 à 34 ans pèse 67 % de l’audience française et non 75 %, et la part des moins de 18 ans, 13 %, pose une question de conformité avant une question de couverture.


02 – Formats et specs

les offres du catalogue, et ce que chacune sert

La régie classe son offre en deux familles, la notoriété et la considération, et annonce une troisième famille de vente en ligne comme à venir. Cette coupure n’est pas cosmétique, elle sépare les formats vendus en réservation exclusive de ceux qui se diffusent dans le fil au fil de l’eau.

la famille notoriété

L’Exclu Jour réserve la journée entière à une seule marque, à 100 % de part de voix, et la communication de la régie l’appelle aussi Full Day Takeover. Le Top Feed prend les cinq premières impressions de tous les utilisateurs sur une journée. Le troisième format, dit fil rouge, diffuse dans le flux avec une part de voix négociée, et c’est lui qui porte les options de ciblage les plus fines. La RealCard, dévoilée en juillet 2026 et absente du catalogue 2025, est un encart interactif affiché avant l’accès au fil, que la régie recommande de coupler à une journée en exclusivité pour garantir cent pour cent de part de voix.

Cette contrainte de couplage a une conséquence budgétaire immédiate, la RealCard ne s’achète pas seule si l’objectif est l’exclusivité, elle s’achète en paire. Un annonceur qui a retenu une enveloppe pour un seul format se retrouve à en financer deux.

la famille considération

Les Boosted posts amplifient la portée d’une publication organique de la marque, avec ses commentaires, ses realmojis et ses partages conservés, et une zone cliquable limitée au bouton d’action. Le format au coût par clic diffuse dans le fil une création cliquable sur toute sa surface, sans engagement sur le volume d’impressions délivrées, et accepte un suivi tiers. Les collaborations d’influence complètent la liste, avec une réserve de plus de 450 créateurs en juillet 2026 et des communautés de 50 000 à 1 million d’abonnés.

La régie propose en parallèle un studio créatif qui réassemble des contenus existants ou construit des maquettes à partir d’un brief, et des enquêtes de notoriété assistée. Ces services relèvent de l’accompagnement et pas de l’inventaire, et leurs frais sont portés par la régie, sans impact sur le budget média. Un annonceur sans capacité de tournage y trouve une porte d’entrée, au prix d’une dépendance créative à sa régie.

le cahier des charges créatif, au caractère près

C’est le bloc le plus utile de cette page, et le plus facile à vérifier. Les spécifications du media kit 2025 imposent une fabrication qui n’existe sur aucune autre régie française.

Les repères chiffrés

  • Nombre de fichiers : trois au minimum pour un format natif, logo, caméra avant, caméra arrière.
  • Logo : carré, 460 × 460 pixels, PNG ou JPEG.
  • Caméra avant : vignette de 260 × 350 pixels, posée en haut à gauche, angles arrondis et contour intérieur de 5 pixels.
  • Caméra arrière : 768 × 1024 pixels, ratio 3:4.
  • Poids et durée : 1 Mo pour une photo, 8 Mo pour une vidéo, 12 secondes au maximum, MP4, PNG ou JPG.
  • Textes : nom d’annonceur 25 caractères, corps 90 caractères avec une recommandation à 20, bouton d’action 15 caractères.
  • Source : spécifications du media kit 2025 de la régie.

Trois de ces lignes font voler en éclats une habitude de production. Le ratio 3:4 interdit la reprise d’un fichier vertical plein écran en 9:16, qui est le standard de toutes les autres régies sociales : un recadrage perd le quart de la hauteur utile. La durée plafonnée à douze secondes élimine les films de marque et les démonstrations longues. Et le corps de texte, que la régie conseille de tenir sous vingt caractères, oblige à écrire une accroche plus courte qu’un nom de produit un peu bavard. Ici le godet impose ses dimensions à la plante, et non l’inverse.

S’y ajoutent des recommandations créatives que la régie formule sans ambiguïté, pas de texte superposé, aucun élément graphique intrusif, pas de prise de vue léchée, un ancrage dans le quotidien, et le produit en usage plutôt qu’en vitrine. Un annonceur habitué à livrer une déclinaison carrée et une verticale n’a rien qui se transpose.


03 – L'inventaire

le plafond d'inventaire, enfin chiffré

Toutes les régies sociales vendent un inventaire qui grandit avec le temps passé. Celle-ci vend un inventaire fermé, et elle l’assume. Le fil est fini, la session se termine quand les publications des proches ont défilé, et la charge publicitaire tient à une publicité toutes les trois publications. La serre se compte en mètres carrés, et chaque pied y est choisi.

La borne du marché français se lit désormais dans le tarif premium, sans calcul maison.

La grille de décision

  • Plafond d’une journée française : environ 15 millions d’impressions pour une exclusivité à 100 % de part de voix, media kit 2025.
  • Les cinq premières impressions : environ 7 millions d’impressions sur la même journée, même source.
  • Base d’utilisateurs : 3,2 millions de personnes par jour en France, source TGI, deuxième trimestre 2025.
  • Répétition implicite : environ 4,7 impressions par utilisateur quotidien à 100 % de part de voix.
  • Recoupement : une activation exclusive d’une journée a produit près de 14 millions d’impressions en juillet 2026, communiqué de la régie.
  • Lecture : une seule marque en exclusivité absorbe la journée française entière, pas une fraction.
  • Écart à signaler : la presse citait 5 à 10 publicités par utilisateur et par jour en avril 2026, ce que le tarif premium ne confirme pas.

Cette borne explique le comportement commercial du canal, et elle corrige une estimation trop généreuse. Un stock de quinze millions d’impressions par jour pour la France entière interdit la mise en concurrence de dix annonceurs sur la même journée, ce qui justifie la vente en exclusivité. Un plan qui doit doubler son volume au deuxième mois n’a pas de place où grandir. Et sur un stock aussi étroit, le prix se fixe par négociation plutôt que par enchère.

04 – Les repères de coût

les repères de coût, format par format

Aucune grille ne figure sur le site de la régie, et aucune interface de libre-service ne permet de la deviner. Le media kit 2025 la donne, et nous la citons avec sa date et son auteur, puisque c’est le vendeur qui l’écrit.

Le comparatif

  • Coût pour mille en notoriété : BeReal 5 à 6 € ; Snapchat 3 à 8 € ; TikTok 4 à 9 € ; Meta 6 à 12 €.
  • Coût par clic : BeReal 0,5 à 1 € ; Snapchat 0,30 à 0,70 € ; TikTok 0,35 à 0,80 € ; Meta 0,40 à 1,10 €.
  • Amplification d’un post organique : BeReal à partir de 5 € pour mille ; mécanique équivalente sur les trois autres régies.
  • Réservation premium : BeReal 50 000 € la journée en exclusivité totale, 30 000 € les cinq premières impressions ; sur devis ailleurs.
  • Achat en libre-service : BeReal non ; les trois autres oui, à partir de 5 € par jour et par groupe.
  • Ratio créatif imposé : BeReal 3:4 double caméra ; 9:16 plein écran sur les trois autres.
  • Sources : media kit 2025 de la régie pour BeReal, grilles françaises relevées le 7 octobre 2026 pour les trois autres.

Deux enseignements sortent de cette comparaison. À 5 ou 6 € pour mille, cette régie se place dans le haut de la fourchette de Snapchat et dans la moyenne de TikTok, loin du surcoût que sa rareté laisserait attendre. Et le premium ressort moins cher à l’impression que le fil rouge, 50 000 € pour quinze millions d’impressions font 3,3 € pour mille, 30 000 € pour sept millions en font 4,3 €. L’exclusivité se paie en engagement de budget, ce qui est la signature d’un achat d’espace et non d’une enchère.

Un dernier poste échappe à la grille, et il pèse lourd, la production. Le studio de la régie réassemble des assets existants sans coût additionnel, les contenus de créateurs sont pris en charge au-delà de 25 000 € de budget, et ces frais restent hors du budget média. Sur un canal qui refuse tout recyclage créatif, cette prise en charge change le coût complet d’une vague.

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05 – La première vague

comment se construit une première vague

Ces contraintes dictent une séquence, et elle diffère de celle d’une ouverture de compte sur une régie d’enchères. Il n’y a pas de phase d’apprentissage à nourrir, il y a un mode d’achat à choisir.

Nous commençons par trancher entre enchère et réservation, puisqu’un test au coût par clic s’ouvre dès quelques milliers d’euros là où une journée réservée se négocie à partir de 30 000 €. Sur la voie réservée, nous choisissons la date avant le format, puisque le premium se vend par journée entière. Avant d’engager la moindre ligne, nous chiffrons la portée restante ailleurs, pour arbitrer sur un manque constaté et pas sur une curiosité. Vient alors le moment de négocier le format et la fenêtre avec l’équipe commerciale, en vérifiant si le format retenu exige un couplage.

La production suit la même discipline. Nous tournons natif, deux à quatre doubles prises, ou nous confions la fabrication au studio de la régie. Nous écrivons les textes sous contrainte, 90 caractères de corps et 15 de bouton, validés avant le tournage et pas après. Nous posons la mesure dès le départ, suivi tiers sur l’offre au coût par clic, enquête de notoriété assistée sur un objectif de mémorisation. Et nous fixons la date de fin à l’ouverture, pour que la reconduction se décide et ne s’installe pas.

06 – Les zones d'ombre

ce que l'offre ne couvre pas encore

Le prix a cessé d’être une zone d’ombre, les fonctions de pilotage non. Nous posons les points suivants à la régie avant tout engagement, et plusieurs sont nommés par le media kit lui-même comme non disponibles à date.

Les angles morts

  • La balise de conversion : aucune, à aucun format. La mesure du site passe par un suivi tiers posé sur la page d’arrivée.
  • Les objectifs de vente et de collecte de contacts : annoncés à venir, pas ouverts.
  • Les publications non publiées : les dark posts ne sont pas disponibles, chaque création amplifiée reste visible sur le compte.
  • La visibilité et l’attention : aucune mesure proposée, ni en interne ni par un tiers accrédité.
  • La modération : commentaires, realmojis et partages ne se coupent pas sur un post amplifié.
  • Les audiences propriétaires : aucun import de fichier client, aucune audience similaire, aucune exclusion.
  • Les chiffres d’audience : 40 millions au premier trimestre 2025 dans le media kit, 47 millions dans un relevé de presse de juin 2026.

Trois écarts se posent sur la table d’une négociation, parce qu’ils opposent le media kit aux pages publiques et à la presse. L’audience française vaut 5,2 millions de personnes selon TGI au deuxième trimestre 2025, contre 5,5 millions annoncés dans la presse en avril 2026. La tranche des 18 à 34 ans pèse 67 % et non les 75 % de la page d’audience. Et la durée vidéo tient à douze secondes dans le media kit, là où les spécifications en ligne en autorisent quinze. C’est la valeur du media kit qui engage le vendeur, et c’est elle que nous faisons écrire dans la proposition commerciale.

Foire aux questions

les questions posées sur la publicité BeReal

combien coûte une publicité sur ce réseau

Le media kit 2025 de la régie donne 5 à 6 € pour mille en notoriété, 0,5 à 1 € le clic, 5 € pour mille au départ sur l'amplification d'un post organique, 30 000 € pour les cinq premières impressions d'une journée et 50 000 € pour une exclusivité totale. Aucun de ces tarifs ne figure sur le site de la régie.

quels formats publicitaires existent

Six au catalogue 2025, plus la RealCard annoncée en juillet 2026. En notoriété, l'Exclu Jour, le Top Feed et la publicité dans le fil avec part de voix négociée. En considération, les Boosted posts, le coût par clic et les collaborations d'influence. Les deux premiers se vendent par journée entière, les autres se diffusent dans le fil.

quelle est la taille d'un visuel publicitaire

768 × 1024 pixels pour la caméra arrière, soit un ratio 3:4, et une vignette de 260 × 350 pixels pour la caméra avant superposée. Le logo est carré, 460 × 460 pixels. Une photo pèse 1 Mo au maximum, une vidéo 8 Mo, et la durée tient sous douze secondes.

peut-on acheter sans passer par la régie

Non. Aucune interface de libre-service n'existe en France au 7 octobre 2026, l'achat se fait avec l'équipe commerciale de la régie, en direct ou par une agence qui a cet accès. Un premier partenaire marketing privilégié a été nommé le 7 juillet 2026 pour les annonceurs américains.

quelles règles créatives la régie impose

Le respect du double cadre avant et arrière, l'absence de texte superposé et de tout élément graphique intrusif, un ancrage dans une situation du quotidien, et le produit montré en usage plutôt qu'en vitrine. La régie écarte les prises léchées, ce qui rend inutilisable une photo de studio.

L'inventaire honnête que nous tirons de cette régie tient en trois lignes, six offres dont deux vendues par journée entière, un cahier des charges créatif qui n'autorise aucun recyclage mais dont la fabrication est prise en charge, et un plafond de quinze millions d'impressions par jour pour la France entière. Le prix est écrit depuis le media kit 2025, et la bonne question posée à un commercial ne porte plus sur le tarif, elle porte sur le volume garanti, sur la part de voix et sur ce que la mesure prouvera.