BeReal pour toucher les 18-25 ans : ce que la régie permet et ce qu’elle ne permet pas

12 minutes de lecture
octobre 2026
Rédigé par Lucie
Rédigé par Lucie

Points clés

47 % de l'audience française a 18 à 24 ans, soit près de 2,4 millions de personnes. Le ciblage repose sur trois axes, le socio-démographique, le géographique et une vingtaine de catégories d'intérêt. Il n'existe aucun pixel de conversion à date, et nous faisons donc passer la mesure par un suivi tiers et par l'enquête de marque. Pas davantage d'import de fichier client, d'audience similaire ou d'exclusion. Enfin les formats réservés ne se ciblent pas, une journée en exclusivité touche toute l'audience.

La tranche des 18-25 ans est la plus réclamée des briefs et la plus mal servie par les plans média. Elle se cache derrière des agrégats qui commencent à 18 ans et s’arrêtent à 34, et ce lissage masque un écart d’usage considérable entre un étudiant de première année et un actif de trente-deux ans. Sur BeReal, le media kit 2025 de la régie lève une partie du brouillard, il donne la pyramide des âges française, la liste des catégories d’intérêt achetables et les indicateurs du reporting. Il montre aussi, en creux, ce que la régie ne sait pas encore faire. Nous faisons ici l’inventaire de ce qui s’achète sur cette cible, de ce qui ne s’achète pas, et de la façon de mesurer sans balise de conversion.

01 – La cible réelle

qui se trouve derrière les 18-25 ans sur ce réseau

La régie annonce 40 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde au premier trimestre 2025, dont 5,2 millions en France, qui figure parmi ses premiers marchés. Le chiffre français vient de la source TGI du deuxième trimestre 2025, citée par son media kit. À l’intérieur de ce volume, la tranche des 18 à 24 ans pèse 47 %, soit près de 2,4 millions de personnes, et celle des 25 à 34 ans 20 %. Les jeunes adultes forment donc le cœur de l’audience, et non une part parmi d’autres.

Ce détail corrige un raccourci répandu. La page d’audience de la régie annonce 75 % de 18 à 34 ans, un communiqué de juillet 2026 parle de 85 % de génération Z, et la pyramide sourcée donne 67 %. L’écart compte quand il sert de base à un calcul de couverture. Autre chiffre que les plans oublient, 13 % de l’audience française a moins de 18 ans, ce qui a des conséquences de conformité traitées plus bas.

Les repères chiffrés

  • Audience française : 5,2 millions par mois, 3,2 millions par jour, source TGI, deuxième trimestre 2025.
  • Part des 18 à 24 ans : 47 %, même source, soit près de 2,4 millions de personnes.
  • Part des moins de 18 ans : 13 %, même source.
  • Répartition par sexe : 57 % de femmes, 43 % d’hommes.
  • Les quatre premières villes : Paris 15 % de la couverture mensuelle, Marseille 11 %, Lyon 10 %, Toulouse 8 %.
  • Usage déclaré : sept sessions par jour et 70 % d’utilisateurs qui publient chaque jour, données internes 2025.
  • Portée incrémentale : 23 % des utilisateurs de ce réseau n’utilisent pas Snapchat, sources GWI 2025 et TGI janvier 2025.

La dernière ligne cadre l’intérêt du canal mieux que les autres. En volume brut, les plateformes installées restent loin devant, la couverture des 15 à 24 ans atteint environ 91 % sur une régie comparable, relevé du 7 octobre 2026. L’apport se joue sur la fraction d’audience que les autres ne touchent pas, et ce chiffre est daté et attribué à deux instituts, au lieu de rester une affirmation de vendeur.

Le profil d’achat complète le tableau. D’après GWI en 2025, 6,4 % des utilisateurs du réseau déclarent gagner plus de 90 000 € par an, contre 3,2 % sur TikTok, 3,3 % sur Instagram et 3,1 % sur Snapchat. Et d’après GWI Europe en septembre 2025, 40 % recherchent les meilleures offres et 44 % des coupons. Une audience jeune, donc, mais pas insensible au prix.


02 – Ciblage et limites

ce que le ciblage de la régie permet

La régie décrit un ciblage interne respectueux de la vie privée, bâti sur trois axes. Le catalogue de la pépinière tient sur une page, trois rayons, et pas de commande spéciale.

Le premier axe est le socio-démographique, âge et sexe, sur la base de la déclaration faite à l’inscription. Le deuxième est le géographique, avec un découpage qui descend au niveau des grandes villes. Le troisième est l’intérêt, sur une vingtaine de catégories que le media kit énumère.

La liste est fermée, donc vérifiable avant l’achat, sports et plein air, activité professionnelle, décoration, voyage, jeu vidéo, sorties nocturnes, animaux, mode, musique, beauté, bonnes affaires, cinéma et séries, famille, technologie, luxe, cuisine, automobile, écologie. Sur une cible de jeunes adultes, notre expérience des campagnes place le volume utile du côté de la mode, de la beauté, du jeu vidéo, de la musique et des sorties nocturnes. Ce classement reste notre jugement de praticien, la régie ne publie aucune volumétrie par catégorie.

Nous relevons une réserve de la régie, car sur l’offre au coût par clic, le media kit indique que le ciblage reste possible sans être recommandé. Sur un stock étroit, chaque filtre réduit la base d’optimisation du clic.

Un point échappe à beaucoup de briefs, le ciblage ne s’applique pas de la même façon selon le format. Les options granulaires valent pour la publicité au fil de l’eau. Les formats vendus en exclusivité quotidienne, Exclu Jour et Top Feed, s’adressent à toute l’audience du jour. Acheter une journée revient à acheter tout le monde, et à payer aussi les trentenaires et les quadragénaires.

ce que le ciblage et la mesure ne permettent pas

Cette liste manque aux pages existantes, et c’est elle qui décide d’un plan. Elle ne relève plus d’une absence de mention, plusieurs de ces manques sont nommés par le media kit 2025 comme non disponibles à date, et nous avons vérifié l’absence de balise de conversion en campagne.

Les angles morts

  • Pixel de conversion : aucun à date, ni balise de site, ni envoi serveur, ni événement de conversion.
  • Optimisation sur conversion : impossible par construction, l’achat se fait au coût pour mille ou au clic.
  • Import de fichier client : aucune audience personnalisée à partir d’une base propriétaire.
  • Audience similaire et exclusion : ni extension statistique, ni retrait des acheteurs récents.
  • Publications non publiées : les dark posts ne sont pas disponibles, l’amplification porte sur un post réel.
  • Visibilité et attention : aucune mesure proposée, le media kit les cite comme à venir.
  • Ciblage professionnel : ni fonction, ni secteur, ni taille d’entreprise.

La conséquence tient en une phrase, sur ce réseau, un annonceur achète un contexte et une tranche d’âge, pas une personne identifiée dans son parcours d’achat. La mécanique bâtie depuis dix ans sur les enchères, prospection puis reciblage, exclusion des convertis, optimisation sur un événement de conversion, n’a pas d’équivalent ici. Un plan qui en dépend se heurte à un mur à la mise en place, et pas au bilan.

Cette limite a un corollaire favorable que nous ne tairons pas. Un ciblage pauvre coûte moins cher en signal, pas de phase d’apprentissage à nourrir, pas de volume minimal de conversions pour sortir de l’exploration, pas de dégradation liée au refus de suivi. L’achat ressemble à de l’achat d’espace, avec les repères de l’affichage plutôt que ceux de la performance.


03 – Comment mesurer

comment mesurer sans pixel

L’absence de balise déplace la mesure, elle ne l’annule pas. Quatre dispositifs remplacent l’optimisation sur conversion, et nous les posons avant la diffusion, jamais après.

le suivi tiers

Sur l’offre au coût par clic, la régie accepte un suivi tiers d’impressions et de clics par CM 360 ou AdForm. C’est le seul pont documenté vers un outil de l’annonceur, et nous le demandons à la signature, pas à mi-vague.

le code de suivi en page d’arrivée

Le lien de destination porte ses paramètres de campagne, et la lecture se fait dans l’outil d’analyse du site, visites, temps passé, taux de rebond, actions de conversion. La régie demande elle-même ces rapports de trafic, ce qui dit assez qu’elle ne les voit pas.

l’enquête de marque

Le reporting couvre la couverture, la répétition, le taux de clic, le taux de visionnage, le taux d’engagement et les vues vidéo, et une étude de notoriété assistée vient en complément. Sur un objectif de mémorisation, c’est la seule preuve disponible, et nous discutons son protocole avant l’ouverture.

le test géographique

La granularité par ville ouvre une porte que le pixel aurait rendue inutile, diffuser sur un groupe de villes, en garder d’autres hors couverture, comparer les ventes des deux zones. La méthode est lourde et reste la seule qui mesure un effet sur le chiffre d’affaires.

04 – Attention et pression

l'attention de cette cible, ce que l'étude dit et ne dit pas

Sur les jeunes adultes, la régie appuie sa démonstration sur une étude conduite par Nielsen à sa demande, communiquée le 31 mars 2026. Le terrain français s’est déroulé du 19 décembre 2025 au 10 janvier 2026 auprès de 2 673 répondants de 18 à 34 ans, dont 769 utilisateurs du réseau, le comparatif portant sur Pinterest, Facebook, Instagram, Snapchat et TikTok. Sur les trois marchés agrégés, le réseau arrive premier sur la mémorisation publicitaire forte et la considération d’achat forte, à 23 % et 35 % au-dessus de la moyenne. En France, les écarts tombent à 10 % et 18 %.

Ce que l’étude n’établit pas compte autant. Elle a été commandée par la régie, et nous la citons avec cette mention. Elle mesure du déclaratif, pas des ventes, et la mémorisation déclarée n’est pas un indicateur de conversion. Son échantillon français de 769 utilisateurs suffit pour une tendance et pas pour une segmentation fine. Enfin les répondants ont entre 18 et 34 ans, l’étude ne dit rien de la tranche des 18-25 ans prise à part. Les écarts français sont deux fois plus faibles que les écarts agrégés, ce que les reprises de presse oublient de signaler.

ce que le fil fini change au plan de pression

Sur une régie d’enchères, la pression publicitaire se lit en fréquence par utilisateur sur une période. Ici elle se lit en part de voix, parce que le stock est fermé. L’utilisateur voit les publications de ses proches, puis la session s’arrête, et la régie fixe sa charge à une publicité toutes les trois publications.

Ce qui change

  • Unité de pilotage : la part de voix sur une journée, et non la fréquence sur trente jours.
  • Base quotidienne : 3,2 millions de personnes par jour pour 5,2 millions par mois, donc une audience du jour bien inférieure à celle du mois.
  • Plafond du jour : environ 15 millions d’impressions à 100 % de part de voix, media kit 2025.
  • Répétition : impossible à étaler sur un mois à budget constant, puisque le stock du jour est borné.
  • Saturation : atteinte plus vite qu’ailleurs, l’utilisateur ne voyant qu’une poignée de publicités.
  • Format réservé : une journée en exclusivité porte la part de voix à son maximum et coupe toute répétition ultérieure.
  • Conséquence de plan : une vague courte et dense plutôt qu’un filet continu sur le trimestre.

Un repère de volume aide à dimensionner. Une activation exclusive d’une journée a produit près de 14 millions d’impressions en France en juillet 2026, d’après le communiqué de la régie du 22 juillet 2026, soit le niveau du plafond annoncé. Rapporté à 3,2 millions d’utilisateurs quotidiens, ce volume donne quatre à cinq expositions sur une seule journée. C’est la signature d’un achat de couverture, pas d’un recrutement progressif.

Votre cible jeune est-elle déjà saturée sur les régies en place ?

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05 – La grille de décision

quand ce canal sert une cible de jeunes adultes

Quatre situations justifient une ligne budgétaire, trois la condamnent.

Nous ouvrons cette ligne sur un temps fort daté sur une cible étudiante ou jeune active, rentrée, examens, festival. Nous l’ouvrons aussi devant une saturation constatée ailleurs, quand la fréquence monte sur les régies en place sans que la portée progresse. Elle se justifie encore sur un objectif de mémorisation, à condition qu’un protocole de mesure avant et après soit accepté par l’annonceur. Et elle tient enfin pour une marque capable de tourner en conditions réelles, ou prête à confier sa production au studio de la régie.

À l’inverse, trois configurations appellent un refus. Un objectif de vente piloté au coût par acquisition, que l’absence de pixel ne laisse vérifier que par un test géographique. Un besoin de reciblage ou d’exclusion, absent de l’offre. Et une cible de jeunes adultes définie par une donnée professionnelle, étudiants d’une filière, jeunes diplômés d’un secteur, que le ciblage de la régie ne sait pas isoler.

06 – Le cadre juridique

le cadre à vérifier sur une audience jeune

Deux contraintes pèsent sur ce terrain, et la documentation publicitaire de la régie ne les traite pas.

La première est l’interdiction, posée par le règlement sur les services numériques, de présenter de la publicité fondée sur le profilage à partir de données personnelles de mineurs. Avec 13 % de moins de 18 ans dans l’audience française et un âge déclaré à l’inscription, la question n’est plus une hypothèse, nous faisons écrire la séparation des mineurs dans la proposition commerciale, et le point est plus sensible encore sur un format vendu en exclusivité, qui s’adresse à toute l’audience du jour. La régie publie une page dédiée au règlement et une page de sécurité des mineurs, ses pages publicitaires restent muettes.

La seconde est sectorielle. Les mentions obligatoires, alcool, santé, alimentation, crédit, s’accommodent mal d’un corps de 90 caractères, que la régie conseille de tenir sous 20, et d’un bouton de 15. Un annonceur soumis à une mention sanitaire vérifie la faisabilité technique avant la négociation tarifaire, pas après. Ces repères ne tiennent pas lieu de consultation juridique.

Foire aux questions

les questions posées sur le ciblage des jeunes adultes

combien de jeunes adultes ce réseau touche-t-il en France

47 % de l'audience française a 18 à 24 ans et 20 % a 25 à 34 ans, sur 5,2 millions d'utilisateurs mensuels, source TGI du deuxième trimestre 2025. Les 18 à 24 ans représentent donc près de 2,4 millions de personnes, dont une fraction se connecte un jour donné.

y a-t-il un pixel de conversion

Non, aucun à date. La mesure repose sur un suivi tiers par CM 360 ou AdForm sur l'offre au coût par clic, sur les paramètres de campagne lus dans l'outil d'analyse du site, et sur un test géographique pour isoler un effet sur les ventes. Aucune optimisation sur conversion n'est possible.

le ciblage par centres d'intérêt est-il fiable ici

La liste des catégories est fermée et publiée, ce qui permet de vérifier qu'une cible y trouve sa place. Aucune volumétrie par catégorie n'est donnée, donc aucune portée n'est vérifiable avant l'achat, l'estimation chiffrée fait partie de la négociation.

peut-on recibler les visiteurs d'un site

Non. Sans balise de site, sans import de fichier client et sans audience similaire, un plan ne se construit pas sur cette hypothèse. Le reciblage se fait ailleurs, sur les régies qui le documentent.

quel âge faut-il avoir pour utiliser le réseau

Les conditions d'utilisation fixent un âge minimum, et la vérification repose sur une déclaration faite à l'inscription. Deux conséquences pour un annonceur, le ciblage par âge hérite de la fiabilité de cette déclaration, et la séparation des mineurs se fait confirmer par écrit avant tout engagement.

Pour toucher les 18-25 ans sur ce réseau, un annonceur achète une tranche d'âge, un sexe, une zone et une catégorie d'intérêt prise dans une liste fermée, dans un inventaire qui se ferme avec la session. Ce qui s'y gagne est une audience dont les jeunes adultes forment le cœur, et une fraction de couverture que les autres régies ne servent pas. Ce qui s'y perd est l'outillage de pilotage auquel les enchères ont habitué les équipes, le pixel en tête. La décision ne se prend pas sur la cible, qui est bien là, mais sur la capacité à prouver un effet sans elle.